08.02.2012

A écouter ! Oui, écoutons cette plaidoirie ....lucide ...

Une lycéenne plaide pour bien vieillir. 1er prix des plaidoiries des lycéens

Une lycéenne accuse le piétinement des droits des vieux

Alma Adilon LonardoniLe mémorial de Caen organisait le 27 janvier dernier la finale des plaidoiries lycéens. Premier prix bluffant à Alma Adilon-Lonardoni pour sa plaidoirie "Il fait si bon vieillir..."

De sa voix toute jeune et touchante, Alma raconte le quotidien ici et maintenant de vieilles personnes hébergées en EHPAD (Etablisseements pour personnes âgées dépendantes).
Elle accuse la société par des images choc (les prothèses oubliées de la dame décédée à côté de ses voisines "qui ont perdu la tête"...).
Elle appuie sur les moyens qui manquent, sur le président qui avait promis une réforme et n'a pas tenu ses engagements.
La plaidoirie souligne cette société qui a peur de vieillir et qui relègue ses anciens, ses vieux aux oubliettes, en les cloitrant autoritairement, bafouant leurs droits... au pays des droits de l'homme.
"Ils n'ont plus rien à nous apporter ?" s'interroge-t-elle. Pourtant "de nous à eux, il n'y a qu'une figure, l'être humain".

Elle ne veut pas généraliser mais demande une hausse réelle du nombre de personnel, des services pour améliorer le confort, des lieux d'accueil solidaires et fraternels
"Je demande la dignité !" conclut-elle.

On est conquis.

Voir, écouter et réécouter cette plaidoirie d'Alma Adilon-Lonardoni, premier prix 2012 des plaidoiries des lycéens du mémorial de Caen, jury présidé par Lilian Thuram

 

 

 

 

AdV
mis à jour le 07/02/2012

31.01.2012

Vos remarques sur la santé en EHPAD

 
Envoyez un message à : bvemanche@gmail.com                                    agdmace@aol.com 
 
   

 

 
   
Dernière demandeavant la première réunion du g
roupe de travail de l’ANESM sur le  volet relatif à la qualité de vie en EHPAD, celui relatif à la santé, réunion qui doit avoir lieu la semaine prochaine.
 
Vos témoignages me seront précieux si je veux faire remonter ce que vous vivez sur le terrain. L’enjeu est en effet de recueillir des  expériences concrètes de terrain et l’avis des personnes accueillies.
 
Merci de me renseigner sur les points suivants et de proposer le cas échéant vos propres recommandations pour améliorer la situation :
 
Quel accompagnement face aux incapacités de toute sorte ? Quelle stimulation pour maintenir voire améliorer l’autonomie ?
 
Quelle prise en charge de la douleur, de la dépression, des troubles du comportement ?
 
Comment prévenir les risques de santé liés à la vulnérabilité des personnes accueillies ?
 
Qu’auriez-vous à dire sur l’incontinence, les changes, les escarres,  l’hygiène générale, la qualité des repas, l’aide au repas, la dénutrition, la déshydratation, la distribution des médicaments, les infections, les chutes, le soin apporté aux prothèses (lunettes, dentiers, appareils auditifs) et leur mise en place, la formation sur l’utilisation de certains matériels comme le lève-malade, sur les transferts,  l’aide à la marche,  la prise en charge des malades Alzheimer etc.
 
Quelle coordination des diverses interventions ? Notamment avec les médecins, kinés, appel aux équipes HAD (Hospitalisation à domicile)
et l’entourage autour de la personne accompagnée ?
Quelles modalités de traçabilité des informations ?
 
Avez-vous des exemples où la filière gériatrique  fonctionne bien ? A-t-elle évité un passage aux urgences ?
 
La fin de vie : Comment assurer une qualité d’accompagnement de la fin de vie ? Vos remarques à ce sujet sur les éventuels manquements et vos propositions.
 
Les droits spécifiques à la maladie et à la fin de vie :
Comment mettre en oeuvre concrètement la loi du 4 mars 2002 et du 22 avril 2005 afin de garantir les droits des personnes malades ?
 
 
Qu’auriez-vous à dire sur l’information, l’accès au dossier médical, la personne de confiance, les directives anticipées, le refus de soins…
 
D’avance merci pour votre contribution.
 
Sincèrement
 
Marie-Thérèse Argenson
01 45 34 35 51

30.01.2012

Edito : Pourquoi la question du vieillissement ne s’impose pas dans la campagne


 

 

Annie de VivieA ce jour, on ne peut pas dire que le vieillissement, l'aide à l'autonomie, le handicap quel que soit l'âge se soient imposés comme l'un des thèmes - même mineur - de la campagne présidentielle de 2012.

Le président Sarkozy, par la voix de sa ministre Roselyne Bachelot, a repoussé sa "réforme de la dépendance" à un retour à meilleure fortune économique.
La crise économique actuelle, le regard des agences de notation, pèseraient plus que les besoins des personnes fragilisées qui avancent en âge.

Du côté du Parti Socialiste, l'idée d'un 5e risque solidaire était porté par la candidate Martine Aubry, sans déclinaison opérationnelle précise.
De son côté, Terra Nova, proche du PS a publié un rapport de Luc Broussy qui estimait - entre autres - que le rapprochement des prestations personnes âgées (APA) /personnes handicapées (PCH) aurait un coût bien élevé pour les finances publiques. Il misait sur sur une taxation de l'héritage et un  relèvement de la CSG acquittée par les retraités pour financer une hausse des prestations.

Cette absence de la question de l'aide à l'autonomie dans la campagne reflète peut être un refus inconscient de l'ensemble de la société de réfléchir au handicap qui surgit avec l'âge. « On prévoit sa mort, on s’assure même sur la vie, mais pourquoi ne prévoit-on pas ses dernières années », s’interroge Jane Fonda dans le joli film « Et si on vivait ensemble ? ».
Le film témoigne des tabous autour de la vieillesse (sexualité, liens familiaux pas toujours faciles) et du déni du besoin d’aides diverses.

La génération qui a connu la liberté sexuelle, le travail des femmes, le développement économique, accepte de préparer sa mort (même joyeusement), mais a encore du mal à imaginer et préparer les dernières années de sa vie.
Comment alors imposer des réflexions, des initiatives, des prises de décisions  aux décideurs nationaux ?
Certes, ils devraient montrer la voie, celle d’une « société pour tous les âges », qui investit sur la solidarité, comme ont osé le faire nos aînés en 1945 avec la création de la Sécurité sociale.

La France continue de compter sur les familles, les proches, voire les amis. Encore faut-il pouvoir être entourés de professionnels, comme de bénévoles, compétents, en réseau (voir la réflexion d’ Ama Diem pour les malades Alzheimer qui réinvente la maison de retraite ou l'ouvrage de Marie et Edouard de Hennezel qui intérroge le vieillir).
Les initiatives locales n’exonèrent pas les décideurs publics de réflexions et d’actions concrètent, car le 5e risque n’est pas qu’une question d’argent.

Le combat continue, rappelle l’octogénaire Maurice Bonnet !

 

 

Annie de Vivie, fondatrice d'Agevillage.com
mis à jour le 25/01/2012